12.9.13

Le Luxembourg lance un programme de 45 milliards de FCfa pour le Sénégal


Hydraulique, assainissement, santé et formation professionnelle : Le Luxembourg lance un programme de 45 milliards de FCfa pour le Sénégal

Le ministre de l’Economie et des Finances, Amadou Ba, a présidé, hier, le lancement du troisième Programme indicatif de Coopération 2012-2016 (PIC III) d’un montant de 45 milliards de FCfa financé par le Grand-Duché de Luxembourg. Les régions nord et centre du Sénégal vont accueillir ce programme qui va concerner l’hydraulique rurale, l’assainissement rural, la santé et la formation professionnelle.
Le troisième PIC va polariser les régions de Saint-Louis, Matam, Louga, Diourbel, Kaolack, Kaffrine, Fatick et Thiès. Pour le ministre de l’Economie et des Finances, l’innovation majeure réside dans l’organisation des procédures de décaissement car des comptes spéciaux du trésor seront ouverts.
Autant dire que les ministères bénéficiaires du PIC III vont directement administrer les crédits à travers leurs directions de l’administration générale et de l’équipement (Dage). L’objectif recherché est de valoriser les compétences distinctives de la Coopération luxembourgeoise et de consolider l’exécution nationale à travers un appui institutionnel au secteur de l’hydraulique et de l’assainissement. Le PIC III sera mis en œuvre par le biais d’un mécanisme très proche d’un appui budgétaire mais sans fongibilité des ressources. Plusieurs infrastructures sont prévues par le programme. Il s’agit de la construction du centre régional de transfusion sanguine de Saint-Louis et du centre d’enseignement technique féminin de Kébémer, de l’extension du centre départemental de formation professionnelle de Bambey, etc.
Il est également prévu une coopération déléguée dans le domaine de l’hydraulique rurale/assainissement avec la Belgique. Ce sera la première expérience du genre opérationnalisée entre partenaires bilatéraux, sous l’égide du gouvernement sénégalais.
Il est aussi important de noter la prise en compte, dans les documents de programmes, de certains principes majeurs de planification du développement, à savoir l’intégration du genre, l’approche basée sur les droits humains, la durabilité de l’environnement, la gestion axée sur les résultats (Gar) et le renforcement des capacités. Pour le ministre plénipotentiaire, directrice générale de la Coopération luxembourgeoise, madame Martine Schommer, le Sénégal fait partie du groupe restreint des pays partenaires du Grand Duché depuis 20 ans. Malgré le contexte de crise économique internationale, le PIC III a connu une hausse financière de l’ordre de 27 % par rapport au programme précédent.
Pas moins de 19 milliards de FCfa seront alloués au département de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle. Selon le ministre de tutelle, Mamadou Talla, le PIC III consacre l’élargissement de son intervention dans quatre nouvelles régions. De même, le programme est lancé dans un contexte particulier marqué par une profonde réforme dans le domaine de l’enseignement technique et de la formation professionnelle.

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6.3.13

Coopération Sénégal - Luxembourg

Coopération Sénégal - Luxembourg : Des résultats jugés très satisfaisants

Le programme Sénégal II a remarquablement clôturé ses activités le mardi 19 février 2013 au Quai des Arts de Saint-Louis en présence de 250 invités. 

Le séminaire de clôture du programme a débuté par le discours d’ouverture de M. Mamadou TALLA, Ministre de la Formation professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Artisanat, en présence du Maire de Saint-Louis et Ministre de la Communication, M. Cheikh Bamba DIEYE, du Chargé d’affaires de l’Ambassade du Luxembourg, M. Sam SCHREINER et du Gouverneur de Région, Léopold WADE. 

De gauche à droite : Sam Schreiner, Mamadou Talla,
Hamadou Konaté, Olivier Hecquet

La présentation des résultats atteints par le Programme a démontré sa contribution à l’amélioration de l’accès, de la qualité et de la gestion dans les secteurs de la Santé, la Formation professionnelle, l’Eau et l’Assainissement ainsi que la Gouvernance et Équité.

Le bilan financier a suscité une salve d’applaudissements dans le public qui a apprécié le taux d’exécution de 43,8 millions EUR sur les 44,4 millions prévus soit 98,7 % du budget. Les résultats sont tout aussi satisfaisants du point de vue de la contribution nationale qui a mobilisé 13,8 millions EUR sur les 15,8 millions prévus soit 86,9 %. Enfin, l’efficience du Programme avec des frais de fonctionnement inférieurs à 15 % a emporté l’adhésion de la salle. 

Les témoignages des décideurs et acteurs de la partie sénégalaise ont été un moment fort de la matinée. Ils ont informé l’assistance des dispositions prises pour assurer la poursuite des services et la durabilité des actions sur des thématiques liées aux ressources humaines, à la maintenance des infrastructures et des équipements, la continuité des services et la gouvernance.

Enfin, le Bureau de Coopération de l’Ambassade et le Bureau régional de LuxDev se sont relayés pour présenter le Programme indicatif de Coopération de 3e génération et ses principaux axes d’intervention.

Tous ces exposés ont été ponctués d’intermèdes théâtraux comiques sur les différentes composantes. Un déjeuner, préparé par les filières « restauration » des trois centres régionaux de formation, a été partagé avec les participants. 
Un autre moment fort de la cérémonie de clôture était la diffusion du film « les visages de la coopération » réalisé dans le cadre de l’évaluation finale du PIC II et qui donnait la parole aux bénéficiaires. 

Au terme de la journée, l’enthousiasme et la satisfaction des participants pour la qualité des présentations et l’efficience de l’exécution du Programme indicatif de Coopération II étaient perceptibles et se sont exprimés par les voix du Coordonnateur national du PIC II, représentant le Ministère de l’Économie et des Finances, M. Mamour Ousmane BA et du Gouverneur qui ont clôturé le séminaire. 

Marie-Françoise Boissy
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Pour plus d'information :

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25.2.11

L’exécution de la coopération bilatérale jugée appréciable

Saint-Louis, 24 fév (APS) - Le niveau d’exécution enregistré dans le cadre du Programme de coopération bilatérale Sénégal-Luxembourg est appréciable, a indiqué jeudi le chef de la Division coopération et développement au ministère de l’Economie et des Finances, Mamadou Ousmane Ba.

S’exprimant au cours d’une conférence de presse organisée en marge des troisièmes comités de pilotage du Programme de coopération bilatérale Sénégal Luxembourg (2007-2011) qui prennent fin ce jeudi à Saint-Louis, il s’est félicité des niveaux de décaissement atteints dans les différentes composantes sectorielles.

‘’A un an de la clôture, nous nous trouvons à 61 pour cent d’exécution pour le volet santé et 86 pour cent pour l’hydraulique’’, a-t-il précisé, ajoutant que, pour les composantes formation professionnelle et accompagnement, des résultats similaires sont enregistrés.

‘’Pour cette coopération qui est de taille pour l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement’’, a-t-il indiqué, une troisième revue est en préparation et les ambitions sénégalaises pourraient être revues à la hausse avec ces performances réussies.

Ces résultats ont été le fruit de la méthode participative utilisée pour la mise en place des projets dans le cadre de ce programme qui couvre les régions de Matam, Louga et Saint-Louis.

La région de Thiès est couverte mais seulement pour le volet hydraulique dans le cadre de ce projet qui s’est surtout signalé par la construction de centres de formation technique et d’infrastructures de santé.

Les comités de pilotage annuels ont pour mission, selon un communiqué remis à la presse, d’évaluer et d’adapter, si nécessaire, la logique d’intervention.

A cet égard, ils veillent au respect des orientations du programme et à sa mise en œuvre, conformément aux accords de partenariat signés entre le Sénégal et le Luxembourg.

Cette troisième réunion annuelle des deux gouvernements, qui ont respectivement contribué respectivement à hauteur de 4 milliards (Luxembourg) et 1 milliards (Sénégal) pose un bilan globalement satisfaisant de l’exécution des différentes composantes sectorielles.

Aussi devra-t-elle proposer les nécessaires réajustements ou réallocations budgétaires et recommandations fortes issues des comités techniques trimestriels.

Dans la perspective de la fin des activités prévue en mars 2012, les résultats attendus seront déterminants pour l’atteinte des objectifs que le programme s’est fixés, comme l’accès à l’eau potable pour 86 000 personnes et la mise en place d’ouvrages d’assainissement au profit de doter 68 000 villageois.

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Saint-Louis accueille une rencontre sur le programme bilatéral

Saint-Louis, 22 fév (APS) - Les troisièmes comités de pilotage du Programme de coopération bilatérale Sénégal-Luxembourg (2007-2011) se déroulent mardi, mercredi et jeudi à Dakar et à Saint-Louis pour chacune des composantes sectorielles, annonce un communiqué reçu à l’APS.

Ces composantes sont notamment l’hydraulique et l’assainissement, la santé de base, l’enseignement technique et la formation professionnelle et la composante dite accompagnement.

Ces comités de pilotage annuels ont pour mission notamment de suivre, d’évaluer et d’adapter, si nécessaire, la logique d’intervention, ajoute ce communiqué.

Dans ce sens, ils veillent au respect des orientations du programme et à sa mise en œuvre conformément aux accords de partenariat signés entre le Sénégal et le Luxembourg.

Cette troisième réunion annuelle des deux gouvernements pose un bilan globalement satisfaisant de l’exécution des différentes composantes sectorielles.

Aussi devra-t-elle proposera les nécessaires réajustements ou réallocations budgétaires et recommandations fortes issues des comités techniques trimestriels.

Dans la perspective de la fin des activités prévue en mars 2012, les résultats attendus seront déterminants pour l’atteinte des objectifs que le programme s’est fixé comme l’accès à l’eau potable pour 86 000 personnes et à doter 68 000 villageois d’ouvrages d’assainissement.

Parmi ses objectifs figurent également la lutte contre la mortalité maternelle et infantile, ciblant 385 000 enfants et 70 000 femmes enceintes et à doter 165 000 ménages d’un système efficace de gestion des ordures.

Il s’agira aussi à former les jeunes de 15 à 24 ans et de porter une attention particulière aux collectivités locales et aux groupes vulnérables des régions de Thiès, Louga, Saint-Louis et Matam.

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1.3.10

La fermeture des bases françaises à Dakar


La fermeture des bases françaises à Dakar, un coup dur pour l'économie


Des soldats sur la base française de Dakar - © AFP

Seuls 300 hommes sur 1200 vont demeurer à  Dakar. Avec la fermeture de la base militaire française au Sénégal, c'est une manne économique importante qui s'en va, et qui inquiète la population.
Quand ils ont appris que la France fermerait ses bases militaires à Dakar, certains Sénégalais ont dit: "il était temps", 50 ans après l'indépendance du pays. Mais l'anxiété a aussitôt gagné des milliers de familles dont les revenus dépendent de la présence des militaires français.
"S'ils partent, comment ferons-nous pour vivre?" La question tourmente Coumba Ndiaye, mère de famille d'une cinquantaine d'années, depuis que Dakar a annoncé le 19 février que les bases françaises fermeraient, "en vertu d'un accord qui sera signé avant le 4 avril".
La France n'a prévu de garder que 300 soldats au Sénégal, soit 900 de moins qu'aujourd'hui, a confirmé mercredi à Libreville le président français Nicolas Sarkozy. En revanche, elle maintient sa base militaire d'un millier d'hommes dans la capitale du Gabon.
Chômage
Pour Coumba Ndiaye, c'est la fin d'un monde. "Qu'allons-nous faire ? Avec cette vie dure et le chômage partout au Sénégal ?", demande cette mère de famille en boubou, employée depuis 29 ans au service "restauration et hébergement" de la Base aérienne (BA) 160, dans le quartier de Ouakam. "Nous sommes en ordre de bataille pour défendre nos intérêts. Si les bases militaires ferment, qu'est-ce que nous allons devenir?", renchérit le Oumar Mbodj, un responsable du syndicat national des personnels civils sénégalais des bases françaises dans ce pays.
Car les bases font actuellement travailler au moins "3. 000 civils" sénégalais, dont 400 sous contrat, sont payés directement par l'armée française, selon une source à l'ambassade de France. Les Sénégalais qui s'activent comme gardiens, jardiniers, employés de maisons, font chacun souvent vivre autour d'eux une dizaine de personnes. "Le départ des Français ne fait pas notre affaire! Beaucoup de Fatou (nom désignant couramment les employées de maisons des expatriés, ndlr) vont se retrouver au chômage", commente une "bonne" rencontrée à Ouakam.
Ouakame est un ancien village traditionnel devenu un quartier à part entière de la capitale sénégalaise. C'est le lieu de naissance de l'ancienne candidate à la présidence de la République française, Ségolène Royal, fille d'un militaire français qui fut affecté à Dakar.
"Tous nos clients sont des militaires"
Aux abords de la BA 160, le vendeur Yaya Mané est assis devant un étalage de statuettes, masques et figures d'animaux. "Je ne veux même pas penser à ce départ. Tous nos clients ou presque sont des militaires français", dit-il. Autour de lui, des compatriotes écoulent des cartes de crédit téléphonique, des cigarettes, des nappes de table...
Pourquoi la fermeture des bases françaises a-t-elle été finalement décidée?, se demande à présent la presse sénégalaise, tentant de connaître les dessous des négociations. En période de boom immobilier, Le Quotidiena accusé les autorités sénégalaises de vouloir "faire main basse sur les énormes emprises foncières de la base de Bel-Air", camp français situé en bord de mer.
Mais pour l'hebdomadaire indépendant Le Témoin, le départ des troupes françaises constitue "une séparation douloureuse, certes, mais ô combien salutaire!" "Il était temps que, effectivement, l'Afrique se libérât enfin de la présence des bases militaires étrangères sur son sol", juge ce journal, tout en s'inquiétant du "rude coup porté à une économie déjà si fragile". Les militaires français avaient des employés. Ils consommaient aussi. EtLe Témoin a même une pensée pour "l'industrie de la prostitution qu'ils entretenaient, les bars-restaurants et boîtes de nuit qu'ils faisaient tourner. "

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28.1.09

Mamadou Dia, l’homme du refus

Le Sénégal vient de perdre l’un des artisans de son indépendance, Mamadou Dia, qui est décédé, dimanche à Dakar. Cet homme, que l’histoire a souvent laissé dans l’ombre de Senghor, a pourtant joué un rôle capital dans la construction du Sénégal moderne.


25 mars 2000 : Mamadou Dia à Dakar.(Photo : AFP)

Khombole. Sur la ligne de chemin de fer, après Thiès. C’est là que Mamadou Dia a vu le jour. L’historiographie a souvent retenu pour sa naissance la date de 1910… alors, expliquait-il, que « les papiers de mon père que j’ai retrouvés indiquent que je suis né en juillet 1911. » (1) C’est en fait une ruse d’un enseignant qui l’a fait vieillir d’un an sur les documents officiels. Un enseignant bien décidé à lui permettre de passer le concours de l’école normale supérieure William Ponty, alors qu’il était trop jeune pour être candidat. « C’est ainsi que, pour les besoins de la cause, je suis depuis lors réputé être né en 1910. » Il sera admis à William Ponty. Reçu premier de l’AOF, l’Afrique occidentale française.

L’instituteur Mamadou Dia passe à Saint-Louis Fissel, et rejoint en 1943 Fatick où on lui confie la direction de l’école régionale. Il se jette à corps perdu dans son métier d’enseignant et se trouve bien loin, à l’époque, de la politique : « Je ne faisais pas de politique, parce que je détestais la politique », confiera-t-il plus tard. Quand Léopold Sédar Senghor vient à Fatick pour présenter sa candidature à la députation, il l’interpelle sur la place du marché : « Je ne comprends pas que vous, jeune agrégé, au lieu de vous soucier de prendre la direction de l’enseignement en Afrique, vous vous préoccupiez d’avoir un mandat politique ».

Contestataire et contre la politique

Réticent à l’engagement politique, Mamadou Dia est cependant engagé dans le combat d’idées. Il écrit pour des journaux « Dans mes articles de presse, je présentais de plus en plus les problèmes et les revendications des paysans. Je décrivais la misère qui régnait chez eux ». Ses articles portent souvent sur les questions économiques. Il y explique notamment que la voie idéale pour l’émancipation des paysans est leur organisation en coopératives, une idée qui marquera durablement sa pensée politique.

A l’époque, Mamadou Dia est en réaction avec la SFIO (la Section française de l’internationale ouvrière, l’ancêtre du Parti socialiste français), qui n’a selon lui « de socialiste que l’étiquette ». C’est pourtant par la SFIO qu’il fait son entrée en politique. Il y entre à la demande des habitants de Fatick qui souhaitent qu’il soit candidat à l’Assemblée du Conseil général. Il est parrainé par Senghor et un notable de la région du Sine Saloum, Ibrahima Seydou Ndaw. Il est élu au Conseil général.

Au sein de la SFIO, les relations deviennent de plus en plus difficiles entre Lamine Guèye, qui tient la direction fédérale, et un groupe de contestataires qui gravite autour de Senghor. Mamadou Dia est l’animateur et le porte-parole de ce petit noyau de résistance en l’absence de Senghor, qui doit souvent être à Paris en raison de son mandat de député. Il accompagne ensuite Senghor au moment de sa démission de la SFIO, annoncée par lettre le 27 septembre 1948. Les dissidents créent le BDS.

Les premières sections s’implantent, le congrès constitutif a lieu à Thiès, du 15 au 17 avril 1949. Mamadou Dia et Léopold Sédar Senghor seront les deux têtes du nouveau parti. Ils le conduiront au pouvoir, au fil du temps et des mutations (BDS, BPS, UPS)

Artisan de l’indépendance

Mamadou Dia accompagnera véritablement l’Etat sénégalais pendant ces années de décolonisation. Après le vote de la loi-cadre Defferre de 1956, il occupe les fonctions de vice-président du Conseil de gouvernement du Sénégal. Quand le Sénégal passe de la semi-autonomie à l’autonomie, il devient président du gouvernement du Sénégal.

Il est l’un des principaux acteurs du dénouement de la crise de la Fédération du Mali, qui conduira à la proclamation de l’indépendance du Sénégal. L’un de ses proches collaborateurs, Roland Colin, raconte dans un livre de mémoires Sénégal, notre pirogue (2), la nuit du 20 août 1960 à l’issue de laquelle le Sénégal décide de se détacher de la Fédération du Mali, après que Modibo Keita eut tenté de prendre le contrôle des institutions. Mamadou Dia joue dans ce récit un rôle central : « Mamadou Dia vient de rentrer de Thiès peu après 23h00 et prend fermement les commandes. Il convoque l’Assemblée du Sénégal pour siéger en séance extraordinaire, prend la direction du déploiement militaire et décide de tenir un conseil des ministres sur le champ ».

Les députés parviennent à se réunir sur le coup d’une heure du matin : « Sur proposition de Mamadou Dia, l’Assemblée vote une série de lois capitales : la première abroge les transferts de compétence au bénéfice de la Fédération et proclame l’indépendance de la République du Sénégal ; une seconde loi instaure l’état d’urgence sur tout le Sénégal. »

L’indépendance proclamée, Mamadou Dia est investi président du Conseil de gouvernement (chef de gouvernement). Il met en place le premier plan de développement du Sénégal, s’efforce de mettre en place une administration modernisée, ou de faire avancer un islam éclairé. Sa politique lui vaut des inimitiés, qui précipiteront sa chute.

Profonds désaccords avec Senghor

Cette chute n’est cependant rendue possible que par la dégradation des relations entre Mamadou Dia et Léopold Sédar Senghor, entre les deux têtes de l’Etat sénégalais indépendant.

Les deux hommes ont déjà connu de profonds désaccords, notamment quand le général De Gaulle a proposé le référendum de 1958 sur la communauté française. Les deux hommes s’étaient alors opposés dans un débat d’idées de plusieurs heures à Gonneville-sur-Mer en Normandie (nord-ouest de la France). Senghor veut alors le maintien dans la communauté, Dia souhaite la rupture. Senghor tranche le débat en avouant qu’il a déjà pris des dispositions pour faire voter « oui ». Et qu’il a déjà fait des promesses au gouvernement français.

Mais au début de ces années 60, les désaccords s’approfondissent, notamment sur les orientations à donner au pays et la politique menée par Dia. « Senghor lui-même ne disait rien sur ces réformes ; il n’exprimait pas son hostilité, mais je sentais qu’il n’était point enthousiaste : il restait froid. Cependant, il se faisait de temps en temps l’écho d’amis qui se plaignaient que ma politique ‘était en train d’apeurer les capitaux et qu’à la limite elle les ferait fuir’ ».

Mamadou Dia persiste et le prouve dans un discours qui va pousser ses détracteurs à l’action. Le 8 décembre 1962, il prononce à Dakar l’allocution de clôture d’un colloque international intitulé « les politiques de développement et les diverses voies africaines du socialisme ». Il y réaffirme ses thèses. Proclame notamment la nécessité du « rejet révolutionnaire des anciennes structures ». Et appelle à « concevoir une mutation totale qui substitue à la société coloniale et à l’économie de traite une société libre et une économie de développement ». A la suite de ce discours, une partie des députés décide de passer à l’attaque et dépose une motion de censure.

Dia pense que la motion est irrecevable, parce que conçue en dehors des structures légales du parti et formulée dans un contexte d’état d’urgence. Il demande que le Conseil national du parti puisse l’examiner. Senghor, lui, souhaite que l’Assemblée se réunisse pour examiner la motion.

Mamadou Dia tente d’empêcher la tenue de cette réunion. Le lundi 17 décembre 1962, il fait évacuer l’Assemblée et déploie un cordon de gendarmerie autour du bâtiment. Quatre députés sont arrêtés. Mais la motion est tout de même votée dans l’après-midi du 17 au domicile du président de l’Assemblée, maître Lamine Guèye. Le 18, Mamadou Dia et ses compagnons dont arrêtés par un détachement de paras-commandos.

Mis en accusation, il est jugé du 9 au 13 mai 1963 par la Haute Cour. Il est défendu par plusieurs avocats, dont l’actuel président sénégalais, Abdoulaye Wade. Il est condamné à la déportation perpétuelle dans une enceinte fortifiée. Il est transféré à Kédougou.

Mamadou Dia sera libéré douze ans plus tard, en 1974. Sans jamais retrouver l’importance politique qu’il avait lors de l’indépendance, il a continué depuis à jouer le rôle d’intellectuel et de figure morale.

Article de Laurent Correau - rfi - publié le 26/01/2009
(1) Afrique, le prix de la liberté, L’Harmattan, 2001
(2) Sénégal notre pirogue, Présence Africaine, 2007

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2.9.08

Formation professionnelle à Podor

FORMATION PROFESSIONNELLE A PODOR : Vers une insertion des élèves sortants

Les Centres et établissements de formation professionnelle viennent de franchir un nouveau palier avec la deuxième phase du Plan indicatif de coopération (PIC 2). L’insertion après la formation des élèves sortants de leurs établissements est désormais au cœur des préoccupations.

La synergie de trois agences du système des Nations Unies que sont le Bit, l’Onudi et le Pnud avait, au mois de juin 2008, dans la capitale du nord, organisé un atelier d’échanges et d’information sur les rôles et responsabilités des cellules d’insertion au sein des Centres de formation professionnelle des régions de Saint-Louis, Louga et Matam.

L’objet était de doter de ressources humaines ayant des aptitudes et compétences spécifiques pour prendre en charge l’insertion des sortants.

L’Onudi, à travers son antenne de la région de Saint-Louis, a organisé, pendant trois jours, un atelier de renforcement des capacités des cellules d’insertion au centre technique féminin de Podor, au profit des agents des centres de Dagana, Richard-Toll et Podor. « Cela pour favoriser l’appui à l’insertion des sortants, échanger sur la problématique des cellules et arriver à déposer un programme qui puisse renforcer les capacités des formés de ces établissements », souligne l’expert de l’Onudi de St-Louis, Ibrahima Ndiaye. Il soutient que les concernés doivent, chacun dans son domaine respectif, pouvoir rendre pérenne l’insertion des sortants desdits établissements.

Le grand Duché de Luxembourg avait, dans le Pic1, mis l’accent sur les infrastructures et la logistique adaptée à la formation professionnelle. Avec le Pic2, il va plus loin.

L’inspection départementale se réjouit du partenariat avec le Grand Duché de Luxembourg « qui a montré toute sa disposition de venir épauler la formation professionnelle ». Un large éventail des cours dispensés dans ces centres va déboucher sur un emploi après formation. La formation technique est le passage obligé des pays émergents.

Amadou Diagne NIANG -
Le Soleil du mardi 19 août 2008

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Sénégal - Luxembourg Formation

Les entreprises invitées à accompagner la réforme de l'enseignement technique

Saint-Louis, 18 août (APS) – Un cadre rappelle aux entreprises sénégalaises leur intérêt à accompagner la réforme en cours dans le domaine de l'enseignement technique et de la formation professionnelle.

''Les entreprises ont tout à gagner en accompagnant la réforme entreprise dans le domaine de l'enseignement technique et de la formation technique'', a déclaré le directeur du centre de formation de la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS).

Fansou Diédhiou s'exprimait à la fin d'un atelier de partage sur la réforme de l'enseignement technique et la formation professionnelle, organisé récemment par la coopération luxembourgeoise, dans le cadre de son deuxième programme de coopération avec le Sénégal.

En effet, estime-t-il, ces entreprises au lieu d'aller débaucher des produits dans d'autres secteurs spécialisés ou de recourir à l'expertise installée à l'étranger, peuvent aider les centres de formation en les appuyant financièrement dans l'objectif de mieux outiller leur pensionnaire.

Il soutient que ces entreprises ont plus à gagner en ayant recours à cette expertise formée sur place et moins coûteuse que de payer très cher des cabinets pour des travaux que de jeunes bien formés auraient pu assumer.

Fansou Diédhiou a affirmé que son entreprise va explorer cette voie et montre, d'ailleurs, une ouverture vis-à-vis des futurs stagiaires qu'elle est prête à accueillir jusqu'à concurrence de 200 étudiants en raison d'une rotation étalée sur 90 jours.

Il s'est dit favorable à accompagner les écoles de formation qui peuvent être profitables aux entreprises lesquelles pourraient y envoyer leurs agents dans le cadre de la formation continue.

Selon lui, les modes de recrutement dans les entreprises ont sensiblement changé : là où on prenait le fils d'une connaissance ou d'un parent, les entreprises font appel à la compétence suivant en cela la voie tracée par les multinationales soucieuses de réaliser de bons résultats.

Le secteur l'enseignement technique et de la formation professionnelle est engagée dans un processus de réforme déclinée dans le document de politique issu des Assises nationales sectorielles, dans le but d'en faire un levier pour le développement économique. Le défi de la réforme est dans la mise en œuvre.

Présidant la cérémonie d'ouverture de cet atelier, le directeur de cabinet du ministre de l'Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Alioune Badara Wagué, avait souligné que la réforme demeure méconnue par les différents acteurs du secteur.

Il a salué ainsi cette initiative de la vulgariser. Le choix de Saint-Louis d'abriter une telle rencontre après Louga et Matam et prochainement Thiès s'inscrit, selon lui, dans une démarche de proximité qui vise à mieux s'approcher de la cible.

Amad Mouslim DIBA - Agence de Presse Sénégalaise (APS) - 18-08-2008 18:18 GMT

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22.1.08

Coopération avec le Sénégal

JEAN-CLAUDE JUNCKER, PREMIER MINISTRE LUXEMBOURGEOIS : « Le Sénégal a bien géré les fonds mis à sa disposition »

Le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, a qualifié sa visite de trois jours au Sénégal de « très importante sur le plan technique », parce que « nous avons pu passer en revue tous les projets communs établis en matière de coopération avec le Sénégal ». Depuis l’établissement de cette coopération en 1993, les liens se sont intensifiés entre les deux gouvernements et les deux pays.

Jean-Claude Juncker a constaté sur place que les projets que son pays finance sont portés par l’ensemble des personnes concernées. Il a cité l’exemple du lycée financé à Thiès pour dire qu’il a été frappé par l’énorme enthousiasme des enseignants, la motivation des élèves.

Cette visite de terrain lui a permis de constater que leur « argent n’est pas dilapidé mais au contraire est bien géré ». Par ailleurs, Jean-Claude Juncker s’est réjoui du taux d’absorption de 93,87 % des moyens mis à la disposition du Sénégal, ce qui prouve à l’évidence à ses yeux que « la coopération entre nos deux pays fonctionne de façon exemplaire ».

Le chef du gouvernement luxembourgeois a précisé que la coopération avec notre pays se fait dans le respect et la considération mutuelle. Il a ajouté que son pays n’impose rien et ne fait que réagir aux souhaits de ses amis sénégalais.

Le Luxembourg est à son deuxième Plan indicatif de coopération (Pic) qui va jusqu’en 2011. Les efforts sont concentrés sur l’Education, la Formation professionnelle, l’Eau et l’Assainissement, la Gouvernance locale.

Le Premier ministre luxembourgeois a révélé que son gouvernement a décidé, en vue du lancement du troisième Pic, d’augmenter l’enveloppe globale qui est de 55 millions d’euros.

Jean-Claude Juncker a confié qu’il a découvert au cours de son séjour un pays qui n’est pas neutre, qui ne laisse pas indifférent, qu’on aime spontanément. Pour lui, le Sénégal est un grand pays africain, une grande Nation qui se bat pour une amélioration des conditions de vie de ses populations.

Mbaye Sarr DIAKHATE

(" Le Soleil")

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8.1.08

Formulation Sénégal














Troupe Janxeen de Thiès





























Sketch sur l'assainissement (troupe Janxeen de Thiès)

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26.3.07

Dakar-Ziguinchor, de la haute mer au fleuve Casamance

Dakar-Ziguinchor, de la haute mer au fleuve Casamance


Le Wilis assure la liaison maritime Dakar-Ziguinchor deux fois par semaine. (Photos : S. Biville / RFI)


Depuis novembre 2005, le Wilis assure la liaison maritime entre Dakar et Ziguinchor. Il succède au Joola, qui a coulé au large des côtes gambiennes en septembre 2002 avec quelque 2 000 passagers à bord. Reportage à bord du Wilis affrété par la Société maritime de l’Atlantique qui a multiplié les mesures de sécurité.

Il est 19h au port de Dakar. Les passagers embarquent à bord du Wilis, direction Ziguinchor,  en Casamance, où l’arrivée est prévue le lendemain vers midi. Depuis 16 mois, le Wilis assure, deux fois par semaine, la liaison maritime Dakar-Zinguinchor. Il a fallu du temps aux Sénégalais pour adopter ce nouveau bateau.


Dans la cabine de pilotage, le capitaine de bord indonésien est assisté d'un pilote de rivière sénégalais.


Lorsqu’il entre en service, en novembre 2005, le Wilis, qui porte le nom d’une montagne d’Indonésie, son pays d’origine, a un lourd défi à relever : succéder au Joola, qui a coulé au large des côtés gambiennes le 26 septembre 2002. 65 rescapés, près de 2 000 morts… quatre fois plus que le nombre de passagers autorisés ! Le naufrage du Joola est aujourd’hui encore un traumatisme pour tous les Sénégalais. Chacun d’entre eux a perdu un parent ou un ami dans le drame.

Billetterie informatisée, navigation par satellite. La Société maritime de l’Atlantique (Somat), qui gère le Wilis, joue la carte de la sécurité maximale. «La vente de billets est bloquée automatiquement au-delà de 462 places, la capacité du navire», explique Jacques Iyok, conseiller en communication à la Somat. Partenariat public-privé, la Somat est détenue à 51% par une entreprise maritime marocaine, à 49% par le Port autonome de Dakar et le Conseil sénégalais des chargeurs. Elle gère le Wilis à titre provisoire, en attendant la livraison, prévue pour décembre 2007, d’un nouveau bateau, plus grand, actuellement en construction en Allemagne.

21h30. Le Wilis vient de quitter Dakar et se dirige vers la haute mer. Il faudra 16h pour rejoindre Ziguinchor. Dans le dortoir des femmes, les cris des enfants se mêlent aux potins conjugaux. Tout le monde salue la qualité du service à bord. Lorsqu’on évoque le Joola, les visages se figent. «Notre cœur est resté avec ceux qui sont sous l’eau», explique une dame âgée. Le Dr Awa Bathili, médecin de bord, se souvient avoir dû gérer des cas de stress post-traumatique lors des premières rotations du bateau. Lorsque ça tangue un peu, on ressent une angoisse chez certains. Mais ceux qui voyagent aujourd’hui à bord du Wilis ont su vaincre la peur des débuts.

21h50.  Henri-Philippe et son oncle Ephrème pique-niquent près du bar, avec les victuailles et boissons qu’ils ont achetées avant d’embarquer. Ils pestent contre les prix pratiqués à bord. «Ce n’est pas à la portée des bourses de paysans casamançais !». Ils assurent avoir totalement tourné la page du Joola. «En Afrique, on enterre et puis on oublie, il n’y a pas de pierre tombale», affirme Ephrème.

Le bar est le lieu stratégique du Wilis. C’est le point de rencontre, ouvert quasiment toute la nuit. Dans la salle enfumée, Amadou joue à la belote avec des amis. Ce commerçant a perdu près d’un million de francs CFA dans le naufrage du Joola. Il attend toujours le dédommagement. Aujourd’hui, ses affaires tournent au ralenti. Le Wilis n’accepte plus les marchands à bord. Et Amadou craint toujours de prendre la route Dakar-Zinguinchor, via la Gambie, à cause, dit-il, des attaques des rebelles indépendantistes du MFDC (Mouvement des forces démocratiques de Casamance).

Il est minuit. La plupart des voyageurs sont couchés. Yaya Baldé, responsable de la sécurité à bord du Wilis, effectue, comme toutes les heures, sa ronde de nuit, pour vérifier qu’il n’y a pas d’anomalie à bord. Nous sommes au large des côtes gambiennes. C’est à peu près dans cette zone et à cette heure-ci que, le jeudi 26 septembre 2002, le Joola a chaviré, dans une mer déchaînée, avec 2 000 personnes à bord.


Le Wilis remonte le fleuve Casamance aux rivages mangés par la mangrove.


7h. Le jour se lève. Le Wilis quitte la haute mer et commence à remonter le fleuve Casamance. On est aux antipodes du décor urbain du port de Dakar. Sur chaque rive du fleuve, s’étale la mangrove, riche en fruits de mer et en poissons. Surgies de cette intense verdure, des dizaines de pirogues font leur apparition. Dans la cabine de pilotage du Wilis, c’est parfois un véritable casse-tête pour slalomer entre ces petites embarcations de bois. «On se salue, les pêcheurs lèvent la main, on fait entendre la corne de brume», raconte Abdoulaye Sarr, élève officier à bord du Wilis.

8h15. A tribord, on aperçoit l’île de Carabane. C’est là que se sont installés les Français lorsqu’ils ont débarqué en Casamance, au début du XIXe siècle. Vestige de leur présence, une église de style breton, érigée en 1897, tient encore tant bien que mal debout sur l’île. C’est la plus ancienne de la région. Longtemps, le bateau Dakar-Zinguinchor s’est arrêté à Carabane, pris d’assaut par les pirogues pour débarquer des produits achetés à bas prix à Dakar et embarquer les banas-banas (marchands) et leur poisson fumé. Aujourd’hui, avec le Wilis, sécurité oblige, l’étape a été supprimée, en attendant la construction d’un hypothétique ponton pour accoster. Et l’île de Carabane se meurt peu à peu.


A l'approche de Zinguinchor, les passagers viennent sur le pont, contempler le paysage casamançais.


9h40. Tout le navire est maintenant réveillé. Sur le pont, les discussions sont animées. Bouba s’emporte quand il évoque le Joola : «Le naufrage était prévisible, le vrai problème, c’était le népotisme et la corruption, une gestion scandaleuse !» s’exclame-t-il, sous le coup de la colère. Par contraste, il salue l’ordre et le confort du Wilis. D’autres passagers se montrent plus nostalgiques. Ils regrettent l’atmosphère, les concerts, les odeurs du Joola et trouvent le nouveau bateau trop aseptisé.


Après seize heures de voyage, le Wilis accoste à Ziguinchor, en Casamance.


11h30. Après 16h de voyage, le Wilis accoste à la gare maritime de Ziguinchor. Les taxis collectifs et les pirogues viennent chercher les passagers en transit vers d’autres villages de Casamance. Joseph Pereira rejoint la terre ferme avec un certain soulagement. C’est la première fois qu’il prend le bateau depuis le naufrage du Joola, dans lequel a péri sa mère. «Jusqu’à aujourd’hui, maman est portée disparue, je n’ai toujours pas vu son cadavre», confie-t-il. Aujourd’hui, il a franchi un cap dans le travail de deuil. «Je n’ai pas de haine en moi, c’est ce qui devait arriver, je prie le ciel que son âme repose en paix», ajoute-t-il avec fatalisme. 

par Sylvain  Biville
Article publié le 25/03/2007 sur RFI.fr
[25/03/2007]

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